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3 février 2021

Fany Mwamara Olangalire, les biscuits qui racontent l’Afrique

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L’interview avec Fany Mwamara Olangalire, entrepreneuse de 34 ans, CEO de Africa Blossoms, les biscuits qui ont un goût d’Afrique.

Comment es-tu partie de la recherche clinique à CEO de deux entreprises

J’ai eu envie d’entreprendre. J’avais pas envie de me lever tous les matins, d’aller au même endroit et de faire la même chose toute ma vie. Au bout de quatre cinq ans, j’ai commencé à avoir envie de faire autre chose. En observant ma mère qui est venue sur Paris pour ses affaires et y est restée trois mois. Je me suis dit mais cette femme a la liberté de choisir de travailler comme elle veut sans se soucier d’un salaire ou d’un boss qui attend. Elle prend sur elle-même et sur son entreprise si elle décide de partir trois mois. Elle s’arrange comme elle veut. C’est pour ça que je me suis dit je veux cette même liberté, une liberté de gérer mon temps, mes priorités et les sujets qui me tiennent à cœur. À ce moment-là, je faisais déjà de la pâtisserie. Je suis tombée dessus par hasard car une de mes amies Priscilla qui m’a confié le job de faire la table lors d’un anniversaire. C’est ainsi que je me suis découvert une passion.

J’ai commencé la pâtisserie en 2015, j’ai commencé à faire les gâteaux de la famille. Mais j’ai voulu aller plus loin et c’est ainsi que j’ai décidé de faire la formation CAP Pâtisserie. Et ensuite est née Paticelle mon premier projet.

Revenons sur Africa Blossoms, les biscuits qui racontent l’Afrique : comment as-tu eu cette idée ?

Quand j’ai commencé avec Paticelle, c’était un blog. Et au moment de quitter mon emploi, j’ai suivi une formation en entrepreneuriat et j’ai vu l’étendu des possibilités au-delà de mes petits gâteaux colorés. Il y avait une multitude de choses auxquelles je n’avais pas pensées. J’ai découvert tout un autre univers, c’était assez chamboulant. Et je me suis dit tant qu’à faire vaut mieux y aller à fond et pas seulement faire des gâteux pour faire des gâteaux. Comme je suis quelqu’un qui aime avoir du sens dans tout ce que je fais, quand j’ai du sens, je suis hyper motivée. J’ai découvert que l’Afrique était très riche et que j’étais passée à côté. Comment avais-je pu faire pour ne pas m’en rendre compte, mais dans mon entourage familial, je voyais bien que personne de le comprenait non plus. Il m’arrivait quand j’étais jeune d’avoir honte de mes origines. Je découvrais toute une autre palette sur l’Afrique. Je me suis demandé comment attirer l’intérêt des gens et rendre cela accessible à tous. Sans forcément les sortir de leurs habitudes quotidiennes, mais les rencontrer dans ceux qu’ils connaissent déjà. J’ai donc pensé à quelque chose de gourmand. Tout le monde aime bien les biscuits, les petits et les grands. Trouver un véhicule main Stream.

Pour ce qui est des modèles de femmes noires, je pense que cela peut se passer à la maison aussi. Montrer l’autre pan de l’histoire africaine très méconnue. Raconter l’Afrique d’une autre manière à nos enfants, les exposer à la grandeur de l’Afrique pour qu’ils puissent en être fiers et s’y identifier facilement. Comme le font les petits Français à qui on a donné un cours d’histoire sur la France et sa grandeur passée. Ceci joue énormément sur l’estime de soi. J’ai donc décidé de redorer le blason de l’Afrique et de son histoire et de la rendre accessible à tous. Les biscuits Africa Blossoms sont au gingembre, au moringa, au chocolat, à la noix de coco ou à la muscade, que l’on reçoit avec une petite carte, sur laquelle est écrite une histoire africaine inspirante. 

Quelles femmes t’inspirent ?

Ma mère comme je l’ai dit plus haut, car je la connais mieux, je l’ai observé du coin de l’œil. D’autres femmes, je dirai Michelle Obama, et c’est récent. Je n’ai pas lu son livre, mais j’ai lu le livre d’une auteure qui parlait de son livre et ça m’a donné envie de la connaitre mieux. J’ai vu aussi le documentaire sur Netflix. Ce qui m’a touché dans son histoire c’est qu’elle est très consciente de son identité. Et qu’Elle a su s’imposer dans son métier.

Une autre femme qui m’inspire également c’est Bozoma Saint John. Elle est la directrice marketing de Netflix actuellement et je la suis avec beaucoup d’intérêt.

Raconte nous une de plus grande réussite

Pour moi c’est d’être allée au bout de mes études. C’est la plus marquante, ça n’était pas gagné car depuis toute petite j’avais l’étiquette de ne pas être intelligente. Je l’ai entendu plusieurs fois de mon entourage, de ma famille, un peu partout, même à l’école. C’est à partir de la quatrième au Cameroun, quand j’ai eu des matières qui me parlaient, j’ai commencé à travailler et à avoir de bonnes notes. C’est aussi comme cela qui j’ai pris conscience que j’avais intérêt à mieux me connaître pour apprendre comment mémoriser les choses au niveau scolaire comme le demandait mes parents et la société. J’ai ainsi trouvé comment le faire pour le ressortir au moment voulu lors des partielles.

Au Cameroun, l’école est tellement valorisée et mise sur un piédestal que si tu n’as pas ton diplôme, tu es un raté. Et personne ne veut être un raté quand on a ça comme obligation. Ce n’est plus la vision que j’ai aujourd’hui mais à cette époque, je le pensais vraiment, pas de diplôme, tu es un raté. 

Cite-nous 5 de tes valeurs les plus importantes

L’excellence

Le service

L’écoute

L’ouverture d’esprit

À 22 ans, je me suis coupée les cheveux et ai arrêté le défrisage pour revenir au naturel. C’est aussi à partir de ce moment-là que j’ai commencé à me poser des questions sur l’Afrique. Je me suis trouvée moins belle avec mes cheveux crépus et j’ai pensé mais c’est quoi cette histoire Fany ? J’ai commencé à regarder autour de moi et me suis rendue compte que je trouvais plus jolie une fille qui avaient les cheveux en bataille que mes cheveux crépus. J’ai compris qu’il y avait un problème qui était lié à ma façon de me voir et je me suis intéressée à mon identité propre. J’ai donc fais des recherches sur l’origine du défrisage. Je suis remontée jusqu’à l’esclavage et même avant car l’histoire de l’Afrique ne commence pas avec l’esclavage. Il y a une histoire très riche et prospère avant mais que je ne connaissais pas. Ça m’a fait un choc. L’avantage à évoquer cette histoire en famille est qu’on donne des outils pour apprendre son identité, apprendre en être fière, qu’on désamorce une bombe et ouvre l’intérêt des jeunes à cela.

Comment fais-tu pour gérer deux projets aussi prenant l’un que l’autre en même temps ?

Ah ! mais pour commencer, je précise que Paticelle et Africa Blossoms sont deux marques différentes mais dans la même entreprise. Ce sont deux services différents. Avec le Covid, le confinement, l’arrêt de l’évènementiel, je me suis concentrée sur les biscuits. C’est une question d’organisation et de choix. Ça me permet d’ailleurs de rebondir sur la question de tout à l’heure quel mon échec que je voulais partager?

Quand j’ai commencé avec Paticelle, je n’étais pas équipée au niveau entrepreneurial et business. J’ai longtemps vendu des gâteaux à perte. Je n’avais pas de bénéfice car je ne calculais pas correctement mon prix de revient. Et j’avoue, que c’était du travail de titan et surtout démotivant car sans salaire, sans bénéfice, cela enlève l’envie de bien faire. La rémunération est une récompense. On en a besoin pour rester motiver. J’ai mis du temps à le comprendre mais une fois que c’était fait j’ai dit plus jamais. J’ai ainsi appris à dire non aux commandes qui ne sont pas à mon avantage et qui ne sont pas rentables. C’est une entreprise que je gère pas une association. Et cela aussi quand on se reconverti, qu’on est une femme, il y a des outils que l’on n’a pas. On passe beaucoup de temps à les acquérir. Et parfois, ça fait mal.

As-tu un autre projet dans un futur proche ?

Oui, en plus de faire qu’Africa Blossoms continue sur sa belle lancée, j’ai envie de partager mon expérience en tant qu’entrepreneuse aux autres femmes qui veulent se lancer là-dedans, pour leur éviter de faire les mêmes erreurs que moi. Sophie De Henau (une autre invitée, auteure du livre Management & Nutrithérapie) suggère « ce partage d’expérience pourrait passer par un livre sur ton parcours »

Merci pour cette belle idée, je vais donc travailler sur ce nouveau projet là.

 

Pour commander les biscuits qui racontent l’Afrique c’est ici :

 

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